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Idées et actualités Numéro 4: Printemps 2002

Concis et précis : une critique de
“A Plain Language Handbook for Legal Writers”

Revu par John Blois, un écrivain et instructeur en langue courante de Vancouver

SACHEZ PAR LES PRÉSENTES QUE si vous écrivez comme ceci, vous ne communiquez pas clairement. Une telle entrée en matière est incohérente, sexiste, difficile à lire (à cause des majuscules) et inutile, et ce n’est pas tout.

Le manuel de Christine Mowat sur la rédaction juridique en langue courante porte sur le défi que pose la communication juridique concise et précise. Il s’agit là d’un objectif admirable mais qui n’est pas simple. Mme Mowat pose le problème en examinant les publications, l’historique et les fondements de la rédaction en langue courante. Elle en décrit les dimensions internationales et les aspects éthiques en prouvant de manière convaincante que la langue courante rend le droit plus accessible et plus facile à comprendre pour les personnes qu’il vise. Mme Mowat explique aussi que la mondialisation de l’anglais crée un besoin pressant de documents juridiques en langue courante. En fin de compte, la rédaction en langue courante peut accroître le respect du système judiciaire et son acceptation.

Ce manuel complet et pratique énonce les trois piliers de la communication que sont les destinataires, l’objectif et le message, l’auteure y montre ensuite comment les bons rédacteurs adaptent leur message aux destinataires et à l’objectif visés. Elle propose aussi une liste de contrôle pour les rédacteurs selon certains mots clés :

Concision
Langue sobre et vivante
Voix active
Courant et raisonnable
Imagé, concret et adapté
Bien structuré
Importance du destinataire

Mme Mowat choisit sept domaines dans lesquels la langue courante peut améliorer le fonctionnement du droit :

Le manuel expose certaines idées fausses sur la langue courante, comme l’idée voulant que la langue courante soit simpliste et que le jargon juridique obscur soit un instrument précis, éprouvé par le temps et imposé par la loi. Il examine aussi l’avenir de la langue courante en concluant qu’il faut la promouvoir et l’enseigner encore plus activement dans les facultés de droit si l’on veut corriger les problèmes actuels.

La deuxième partie du manuel comporte 13 annexes qui montrent des échantillons avant et après et expose une panoplie d’exercices et d’habiletés pour la rédaction juridique. Certaines des suggestions peuvent sembler radicales, mais seulement lorsqu’on les compare à la manière d’écrire actuelle des juristes, c’est-à-dire une rédaction qui n’est tout simplement pas efficace. Les clients ne comprennent pas les explications obscures qui se trouvent dans les lois alors que ces lois les touchent pourtant profondément. La clarté des échantillons remaniés est frappante et peut surprendre les lecteurs qui sont habitués au jargon juridique. Il est difficile d’imaginer pour quelles raisons ce type de rédaction juridique demeure quand on sait qu’il existe des solutions de rechange très valables.

Avec sa bibliographie étendue, le manuel offre un ensemble complet pour les avocats qui veulent améliorer leurs talents de communicateurs et mieux servir leur clientèle. Mme Mowat est passionnée par la communication claire et cette passion se retrouve dans tout son ouvrage.

En conclusion, l’ouvrage présente une analyse de la résistance à la langue courante et conclut qu’elle est fondée sur l’ignorance. Il existe plusieurs obstacles à une acceptation plus large de la langue courante, mais ils peuvent être surmontés. Les avocats doivent comprendre que la rédaction en langue courante n’est pas un processus simple et mécanique. Il s’agit d’une activité complexe qui produit une communication élégante et précise. Elle prend beaucoup de temps et d’énergie, mais les résultats en valent la peine.

Les sceptiques n’ont peut-être pas encore conclu que la résistance à la communication claire est vaine, mais le manuel de Mme Mowat pourrait très bien les en convaincre
.